Dîner du 18 septembre 2019


Trésors du Nord : Civilisation, histoire, familles et innovations des Flandres et du Nord en particulier

Dîner d’automne

du mercredi 18 septembre 2019 à 19h30

Ghislain Prouvost



Président de la Fondation Prouvost, autour du château familial du Vert-Bois.
Collectionneur d’art.
Médaille des services militaires volontaires.
Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.
Capitaine de Frégate de réserve.
MIT à Cambridge, INSEAD.
Directions à Dupont de Nemours à Genève, Prouvost Lefebvre y Cia, Espagne, Prouvost ERSA (Logroño), Europunto (Navarra), Prouvost & Lefebvre Australia, Administrateur de Prouvost S.A, Euroavenir S.A. et de Prouvost S.A. à Bruxelles. 1987 Vente au groupe Chargeurs de Prouvost SA.
Résidence à Bruxelles de 1987 à 2013 puis au Panama.
Nombreux sports dont le pilotage d’avion.
Il a admirablement restauré et meublé le château de Drée en Bourgogne.

Il est héritier d’une lignée active et brillante, toujours associée au textile depuis le Moyen-âge. Il nous évoquera notamment ses parents, Albert-Auguste et Anne Prouvost, au magnifique rayonnement de mécènes et grands collectionneurs, en hommage de qui est organisé cette soirée.»

« Les Prouvost se sont continuellement illustrés, ont guidé et dirigé à chaque génération, eurent un grand nombre de charges municipales et régionales, de religieux, de marguilliers, d’officiers de réserve, de décorations et légions d’honneur ;beaucoup d’entrepreneurs, initiateurs, voyageurs ; « Les épouses valent les époux :les femmes se haussent facilement jusqu’à l’héroïsme ». On remarque le goût prononcé pour les arts, les collections, les couleurs, les productions manufacturées comme les tapisseries de haute lisse des Flandres, les porcelaines, toiles et papiers peints, verreries et bien sûr tous les textiles bien caractéristiques de cette civilisation des Flandres. Car, depuis Charles Quint, les Prouvost s’imposent dans le traitement du textile et nous voyons qu’ils n’étaient pas que cela.

La famille Prouvost s’avère être aussi une source de documentation sur l’histoire et la sociologie de ce véritable royaume que furent au cours des siècles les Flandres Méridionales.

Thierry Prouvost à aucun moment ne se glorifie de ses ancêtres ou de ses parentés, mais, bien au contraire, s’efface derrière chaque personnage, en particulier ceux qu’il a redécouverts et qui ont tous joué des rôles importants à divers titres . En véritable entomologiste, il sait prendre le recul nécessaire, pour analyser, sans parti pris et sans concession, les personnalités de chaque membre des familles étudiées.
Toute la vie du Nord sur plusieurs siècles est présente ; mais l’auteur montre, en outre, que nous sommes au carrefour des civilisations européennes en considérant les influences bourguignonnes, flamandes, espagnoles, autrichiennes et aussi françaises naturellement. Souvent l’imagination populaire fait référence à ces grandes familles, aux noms mondialement connus, en pensant qu’elles sont nées au moment de l’essor industriel au milieu du 19 ième siècle. Or, au fur et à mesures que l’auteur se penche sur les branches de la famille Prouvost et aussi sur les splendides familles alliées, nous découvrons que ce monde merveilleux de créateurs est présent sur notre sol depuis des siècles.

Cette constellation de familles révèle bien des surprises : savait-on par exemple que les peintres Van Eyck et van der Weyden sont nés tous deux à la fin du XIV° siècle à quelques kilomètres de distance ? Que le grand développement de la tapisserie, dès le XIV° siècle, a aussi eu Lille et ses environs pour cadre? Que Roubaix était réputée au XVIII° siècle pour la beauté de ses maisons et dans la première partie du XIX° siècle pour la qualité de son air ?! Connaissait-on l’existence des Manufactures Royales de Lille et du Dauphin qui produisirent des porcelaines aujourd’hui dans les grands musées, mais aussi des papiers peints, verreries, toiles peintes, mousselines… ? Nous découvrons aussi les connections familiales avec tant de collectionneurs, peintres, ébénistes, tous apparentés, citons les Riesener, ébénistes et peintres, Eugène Delacroix, Oeben, Jacques Louis David, Victor Mottez, les Van Blarenberghe, les Watteau de Lille…

Nous sommes en présence de découvreurs, de grands bâtisseurs, depuis les châteaux de l’industrie enfin réhabilités, jusqu’aux commandes innovantes auprès de Mallet-Stevens, en passant par toutes les inspirations architecturales de ces amoureux de demeures pour abriter leur famille? Il suffit de parcourir ce livre pour découvrir et comprendre comment toutes ces familles patriciennes, riches en enfants et en idées, ont généré les meilleurs «entrepreneurs», allant des industries, maintenant traditionnelles de cette belle région, aux créations les plus avant-gardiste. Qu’ils prirent leur cheval, leur navire ou, plus tard, leur avion ou le Net, ils fondèrent, en France ou à l’autre bout du monde, des empires dont le siège était à Roubaix, longtemps capitale mondiale de la laine.

Tout est à l’honneur, de la politique à la religion, de l’armée aux beaux-arts, de la presse aux capitaines d’industries, des explorateurs aux ingénieurs, mais aussi de véritables Saints et Saintes aux dévouements incommensurables. J’ai été frappé de voir combien, à chaque génération, la véritable notion de « Servir» prime les intérêts moraux ou financiers. C’est là le secret et la réussite de ces familles qui vont pendant des siècles être au premier rang de ce que « le Nord » a produit de meilleur. »

Préface de « La Saga des Prouvost », en 8 tomes, par Pierre, Comte de Bizemont, Chevalier Grand ‘Croix de Justice de l’Ordre de Malte, premier Chevalier Profès Français de l’Ordre de Malte (depuis 200 ans), chevalier de la Légion d’Honneur, chevalier de l’ordre des arts et des lettres, Administrateur dans les hôpitaux de l’Assitance Publique et dans diverses oeuvres caritatives, Auteur de l’Armorial du Jockey-Club et de la descendance de Tobie de Monspey et Alexandrine Charrier de La Roche, Historien d’art.

Souvenirs d’une dynastie d’industriels de la laine et de mécénat



Héritier de la branche Amédée, rameau des Albert Prouvost, Ghislain Prouvost nous évoquera ses parents au rayonnement artistique remarquable et son propre rayonnement artistique, notamment quant à la totale restauration du château de Drée en Bourgogne.

 » Les Prouvost, une dynastie d’industriels de la laine.

Fidèles à une tradition qui remonte au XVe siècle, Albert-Auguste Prouvost a dirigé près de soixante ans une entreprise roubaisienne parvenue en quelques générations numéro un mondial

Riches heures de cette famille de lainiers.

Sa Majesté .Elisabeth II écoute, attentive, les explications techniques de l’industriel. En 1957, au Peignage Amédée Prouvost a Roubaix, la venue de la souveraine est un événement. Sa visite a la grande usine textile a été prévue de longue date. Elle figure en bonne place dans le .programme des quatre jours de son voyage officiel en France. Albert-Auguste Prouvost guide les pas de la Reine a travers les ateliers. II ressent une légitime fierté. Plus de cent ans auparavant, son arrière-grand-père avait crée l’entreprise. En 1867, ce dernier y avait reçu l’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie. ,

«Mon époux avait le culte de cette affaire de famille, raconte Anne Prouvost. Sous sa direction, elle est devenue un important groupe international. La cession des parts familiales de la société en 1988, survenant peu de temps après le décès accidentel de notre fils Albert-Bruno, a été pour lui un moment douloureux.» C’est la fin de toute une dynastie de lainiers … Les Prouvost sont en effet depuis longtemps solidement, enracines dans le Plat Pays.

Au XVe siècle, Jean Prouvost est seigneur de Wasquehal. II est nomme échevin de Roubaix en 1474. La famille y est déjà connue pour faire du négoce de laine. De génération en génération, les Prouvost font peigner, blanchir et filer la précieuse toison. Au XVIIIe siècle, Pierre-Constantin Prouvost est devenu un des principaux fabricants de Roubaix. Apres le 9 thermidor, il est élu maire de la ville. Mais la génération qui est à l’origine de la grande industrie lainière est celle d’Amédée Prouvost. . »

En 1851, à quarante-deux ans, il crée une entreprise de peignage industriel qui, un peu plus de quinze ans plus tard, emploie, déjà sept cents ouvriers et assure une production de quatre mille tonnes par an,.Lorsqu’il meurt en 1885, laissera ses trois fils une affaire florissante. Le premier d’entre eux,. qui se prénomme aussi Amédée, sera le poète de la famille. :

« 0 Cité, ton renom s’étend a l’univers. Je veux exalter ta grandeur en mes vers », écrit-il de Roubaix, sa ville natale.

Moins lyrique et plus près des réalités économiques, son frère Albert dirige l’entreprise et assure la continuité de sa prospérité. De son union avec Marthe Devémy naissent deux garçons et deux filles. L’ainé, Albert-Eugène, continue l’entreprise familiale. Son frère Jean, dans le même esprit industriel; crée la Lainière de Roubaix qui deviendra bientôt la plus grande entreprise française de filature. Mais cet homme d’exception sera surtout le grand patron de Paris-Soir et de Match et mettra sur pied un colossal empire de presse. Sa petite- fille Evelyne, élue femme d’ affaires de l’année en 1989, est toujours à la tète du groupe Marie-Claire. « Mon mari avait une profonde tendresse et une réelle admiration pour son oncle, se souvient Mme Prouvost.

«Mais évoquer le passe peut se faire sans nostalgie, reprend-elle avec un sourire.
Née Anne de Maigret (elle compte, parmi ses ancêtres, un comte du Saint Empire qui battit les Turcs devant Vienne en 1683; les Chandon de Champagne, les Villeneuve de Provence et Lucien Bonaparte. Elle a dix-huit ans lors de l’été 1941. L’année de son mariage avec Albert-Auguste, malgré les restrictions, le champagne y coule à flots.

Famille oblige : son oncle Ghislain est le président de Moët et Chandon. Le voyage de noces se passe à Mougins, dans la maison achetée à lady Rothermere par la famille Prouvost. Le jeune couple a pour voisins et amis les Casimir Poniatowski :
Déjouant l’approvisionnement alimentaire difficile, ces derniers ont acheté une vache, pour le lait de leurs enfants et la princesse la mène paitre le long des chemins …

Retour dans le Nord de la France. «Les premières années de notre vie commune ont été sous le signe de la guerre, soupire Anne Prouvost. Mon mari, en marge du maintien d’un semblant d’activité industrielle, s’était engagé dans la résistance sous le nom de Jean Bernard. Une époque difficile que nous vivions somme toute avec l’insouciance de la jeunesse. Une grande joie toutefois dans ces moments ternes : la naissance en 1942 de notre fils Albert-Bruno.

Comme tous leurs contemporains, la Libération ouvre pour Albert-Auguste et Anne Prouvost un nouveau départ dans l’existence. Ils ont des projets à mener du temps a rattraper. « Mon mari souhaitait me faire découvrir la vie, mondaine qu’il avait connue avant-guerre, raconte Mme Prouvost. C’est d’ailleurs en 1945 que j’ai porte ma première robe longue ».

Anne de Maigret, jeune adolescente, avait pourtant déjà approche le monde ; en 1938, à l’occasion du premier mariage d’Eugénie, la fille de sa tante Marie Bonaparte et de Georges de Grèce et Danemark. Une cérémonie grandiose. « J’avais été stupéfaite de voir que l’impératrice Zita, qui portait sur elle une quantité extraordinaire de bijoux somptueux, était par ailleurs vêtue d’une robe plus que modeste qui ne venait vraiment pas du grand faiseur, raconte-t-elle. Il y avait aussi un petit garçon très mal élevé qui, pendant toute la réception, n’arrêtait pas de me pincer et qui s’empiffrait au buffet: c’était Philip d’Edimbourg. »

Marie Bonaparte, princesse dérangeante pour le milieu aristocratique de l’époque, a marqué de sa personnalité beaucoup de ceux qui 1’ont approchée. Psychanalyste peu conformiste, excommuniée en raison de son mariage avec un orthodoxe, l’ancienne maitresse d’Aristide Briand ne correspondait guère aux critères de la bonne société dont elle était issue. « Dans sa maison du Midi, ou avec mon mari qu’elle aimait beaucoup nous nous rendions régulièrement, se souvient Anne Prouvost, il y avait autant de sable à l’intérieur que sur la plage. Ma tante Marie était d’un naturel extraordinaire, contrastant de manière étonnante avec Georges de Grèce, toujours tiré a quatre épingle. J’ai encore le souvenir de ses chaussures. Quelques que soient les circonstances, elle les portait impeccablement cirées.»
La Méditerranée est aussi le point de départ pour de nombreuses croisières familiales pour les Prouvost. Les époux adorent la mer. Ils achètent un huit-mètres, le Cantabria, construit initialement pour Sa Majesté le roi d’Espagne Alphonse XIII. Puis plusieurs douze-mètres qu’ils baptiseront chaque fois, La Pinta, en souvenir d’un lainier de La Corogne, lointain ancêtre d’Albert-Auguste, qui finança la caravelle de Christophe Colomb. «Nous avons eu des passagers illustres, évoque Anne Prouvost. Le grand-duc Jean de Luxembourg venait

Comme tous leurs contemporains, la Libération ouvre pour Albert-Auguste et Anne Prouvost un nouveau départ dans l’existence. Ils ont des projets à mener, du temps a rattraper. « Mon mari souhaitait me faire découvrir la vie mondaine qu’il avait connue avant-guerre, raconte Mme Prouvost. C’est d’ailleurs en 1945 que j ‘ai porte ma première robe longue.»

Le grand-duc Jean de Luxembourg venant accompagné de sa fille Marie-Astrid, petite princesse, était un marin extraordinaire. Le roi Carl-Gustav de Suède est un vrai Viking à la barre: il se révélait à bord un très joyeux compagnon. »

Simplicité sportive bien loin des mondanités. Mais les Prouvost sont aussi conviés aux grands bals d’après-guerre. Elégance raffinée chez Violette de Pourtalès au Palais rose où toutes les femmes sont parées de plumes extravagantes. Fastes éclatants à l’hôtel Lambert, sous la houlette d’Arturo Lopez, très lie alors avec la princesse Ghislaine de Polignac, amie d’Anne. Je me souviens surtout du bal donné par Guy de Rothschild en 1959, dit-elle. Une extraordinaire fête princière. Le couple offre des réceptions plus intimes dans son appartement parisien de la rue Barbet-de-Jouy, dans le VIIe arrondissement. Les fenêtres s’ouvrent sur le jardin du musée Rodin : « Nous nous efforcions de créer des tables animées en mélangeant le plus possible nos invités, raconte Mme Prouvost. J e m’y amusais plus qu’aux grandes réceptions et il était loin de m’être désagréable que les hommes me fassent un brin de cour.»
Ses collaborateurs appellent Albert-Auguste, l’homme pressé « 

La vie est loin toutefois de se passer uniquement dans un tourbillon de fêtes et de diners. Famille d’abord : au foyer Prouvost, Nathalie, Ghislain, Olivier et Laetitia sont nés a la suite d’Albert Bruno. Et la bonne marche de l’entreprise accapare le plus clair du temps d’Albert-Auguste Prouvost; « l’homme pressé », comme l’appellent ses collaborateurs. « Dans le Nord, au moment des vœux, chacun a coutume de se souhaiter de la santé, de l’ouvrage », sourit Anne Prouvost: croyez-moi, mon mari avait en effet bien besoin de sa robuste santé de sportif pour mener a bien les taches qui lui incombaient.

Le versant plaisant de cette vie trépidante d’homme d’affaires reste, malgré tout, les voyages. Contacts commerciaux, contrats, implantations d’usines, le patron de la société Prouvost sillonne sans cesse les cinq continents. Son épouse l’accompagne toujours. «Nous avons été de vrais voyageurs, explique Mme Prouvost. Pas seulement par le nombre extravagant de nos périples à l’époque où se déplacer était encore une aventure, mais aussi par l’insatiable curiosité qui nous animait ». Albert-Auguste Prouvost entend aussi mener sa carrière d’industriel sans égoïsme : il n’a de cesse que d’amé1iorer le niveau de vie des plus défavorisés. Le logement est son cheval de bataille.« J’étais un petit garçon révolté par les « courées », écrit-il dans ses Mémoires. Je suis devenu un patron héritier d’une tradition sociale mais convaincu aussi de la nécessité d’innover.» En effet, le logement du personnel a toujours été un souci des industriels du textile du Nord de la France. Une préoccupation répondant aux nécessites économiques des entreprises mais aussi à l’esprit caritatif qui anime cette bourgeoisie catholique. Mais Albert-Auguste Prouvost veut aller plus loin. Il lance le fameux 1 % patronal, cotisation versée par l’entreprise et destinée a !a construction. Il participe aussi à la mise en place de l’allocation logement. Avec l’installation d’un véritable partenariat social, il crée le Comité interprofessionnel du logement qui, dès 1958, aura relogé plus de huit mille familles dans de réelles conditions de confort. En 1950, d’ailleurs, il offre a cet organisme le château de sa grand-mère, à la limite de Roubaix et de Tourcoing. Dans le parc de sept hectares, a la place de la grande demeure jetée bas, s’élèvera une cité de cent cinquante-quatre logements.

Mais l’industriel a aussi le culte de sa demeure de famille. Dans le château du Vert Bois, cet homme d’action retrouve ses racines. Sur la commune de Bondues, toute proche de Roubaix se tient en effet une des dernières belles maisons de la région. André-Joseph Druon de Wazières fit construire en 1743 une folie dans le goût de l’époque sur l’emplacement d’un édifice du XVIII° siècle bâti par un négociant en sayettes de laine lillois. L’arrière-grand-mère d’ Albert-Auguste, Marguerite Devémy, ne quittera pas un instant cette propriété qu’elle habite dès 1869, elle la défendra contre les Prussiens pendant la guerre de 1870. Contrainte et forcée, elle y recevra le kronprinz pendant la Première Guerre mondiale. Le Vert Bois est resté le berceau des Prouvost. Tous les enfants à l’exception d ‘Albert-Bruno, y sont nés: ce dernier, après avoir longtemps secondé son père, était logiquement appelé a lui succéder à la tête du groupe. Le destin en a décidé autrement. Ses cadets ont pris des voies différentes. Nathalie, la fille ainée, après avoir fréquente l’atelier du célèbre peintre Mac Avoy, exerce ses talents comme restauratrice de fresques. Ghislain a fait ses armes dans le textile en Espagne et en Australie, mener sa carrière d’industriel sans égoïsme.

Olivier a repris l’entreprise de construction navale Wauquiez. II allie ainsi la tradition industrielle au goût de la voie héritée de ses parents. Quant a Laetitia, fidèle au Vert Bois, elle gère les soixante hectares de 1’exploitation agricole qui entoure le domaine. » Article paru dans « Point de vue et images du Monde »

« Aussi loin qu’on remonte dans la généalogie des Prouvost, on les trouve solidement fixés dans le plat pays… Dans chacune de nos cités des Flandres –maritime et wallonne- l’Eglise nous enseigne la fidélité aux traditions religieuses, le Beffroi affirme l’attachement aux libertés communales, toutes les productions des lettres et des arts nous démontrent le respect de la foi jurée, le culte du beau, l’amour du bien, la fierté du devoir accompli … » Albert-Eugène Prouvost (1882-1962).

Voyons l’esprit de ceux qui ont illustré cette famille. Citons Pierre Prouvost dans la généalogie qu’il rédigea en 1748 et le littéraire C. Lecigne, en 1911, au sujet du poète Amédée Prouvost:  » Dès l’âge de cinq ans, Amédée Prouvost se sentit dépositaire d’une tradition et comme l’héritier présomptif d’une royale lignée : il apprit un à un le nom de ses prédécesseurs et que chacun d’eux signifiait depuis quatre siècles et demi, beaucoup d’honneur, de travail et de foi chrétienne. On ne voulut pas qu’il puisse méconnaître ce passé et, si, par impossible, il lui arrivait d’être infidèle, qu’il eût l’excuse de l’ignorance. Un jour le père prit la plume et, sans orgueil, sans autre prétention que de donner à ses enfants la conscience intégrale de leurs origines, il écrivit les annales de sa famille. Avant tout, il songea à celui qui était son premier né, l’espérance de la dynastie ; il s’adressa à lui : « Je crois utile, mon cher fils, dès tes premiers pas dans ta vie d’écolier, de t’initier à ce que tes maîtres ne pourront t’enseigner avec autant de persuasion que ton père, j’entends L’amour de la famille, Le respect de ses traditions d’honneur, Un attachement inébranlable aux convictions religieuses de nos pères, Et leur fidélité aux traditions monarchiques. Je considère comme un devoir De te donner comme modèle cette lignée d’ancêtres.

Si elle ne compte pas d’hommes illustres, il doit nous suffire de dire avec Pierre Prouvost en 1748 : « Voila la description des descendants des Prouvost et de ceux qui se sont alliez jusques a la fin de cette année mille sept cens quarante huit. Et on peut dire sans vanité, que lesdits du surnom Prouvost, ont toujours vécu en gens de biens, d’honneurs et de bonne réputation en la foi catholique apostolique et romaine et les plus notables des villages qu’ils ont habitez ». Et puis, ayant dit cela, il le conduisit devant la muraille où s’alignaient les portraits des aïeux paternels. Ce ne fut pas une revue fastueuse, théâtrale, comme on en voit dans le drame romantique. Devant la figure de Jean Prouvost, seigneur de Wasquehal en 1460, échevin de Roubaix en 1474, le père ne dit pas à son enfant : C’est l’ainé, c’est l’aïeul, l’ancêtre, le grand homme ! Il lui rappela seulement qu’il avait vécu en honnête homme et en brave chrétien. Le suivant s’appelait Guillaume Prouvost, lequel fut à la fois laboureur de terres et chef d’industrie. Il est le modèle de la race : il associe ses fils à son labeur et à ses affaires. On peut dire qu’après lui « cette habitude de travail se transmit de père en fils et fut, dans la famille Prouvost enseignée comme une loi, inculquée et imposée comme une obligation envers Dieu et envers le pays ». La généalogie se continue ; chacun des portraits est celui d’un laborieux et d’un dévoué. Les épouses valent les époux ; elles sont la main qui se tend vers les pauvres et qui répand l’aumône. Vers 1681, Marguerite de Lespaul, veuve de Pierre Prouvost, lègue à la paroisse de Wasquehal cent trente livres parisis à charge de prières « et le reste des revenus à acheter des camisoles pour les pauvres vieil hommes ». Dans la famille Prouvost, les femmes se haussent facilement jusqu’à l’héroïsme. L’une d’elle mériterait une longue notice ; elle était la fille de Pierre Prouvost et elle garde’ dans les souvenirs de Roubaix le nom pieux et doux de Soeur Béatrix, prieure du couvent de saint-Elisabeth de Roubaix lorsqu’éclata la Révolution. Le nom de Béatrix n’était pour Dante qu’un symbole de divine poésie; il sera plus et mieux pour le poète Amédée Prouvost. Il le recueillera pieusement comme le symonyme des plus pures gloires de sa maison et il le mettra sur le berceau de sa petite fille. » Dans cette revue du passe, les figures changent, les âmes restent pareilles. La famille Prouvost traverse la Révolution sans s’y mêler autrement que par des souffrances et des larmes. Elle a eu ses exilés, ses prisonniers, ses héros. Elle réapparait au lendemain du cataclysme, un peu diminuée dans sa fortune, grandie dans l’honneur et par l’épreuve. Elle reprend sa vie de travail et de simplicité. Et voici un tableau d’intérieur qui est fait pour charmer les regards d’Amédée Prouvost : « On menait une vie très simple dans la bonne petite ville de Roubaix dont les habitants, voués par vocation et tradition à la vie de famille et au travail se contentaient de ces habitudes toutes patriarcales. Les maisons avaient de grands jardins plantés d’arbres fruitiers, aux allées bordées de buis où fleurissaient au printemps pervenches et muguets, tulipes de Hollande, œillets flamands et roses de Chine. Dans le fond se trouvait la pelouse où s’étendaient à certains jours le beau linge de fine toile de Cambrai et de Flandre dont la lessive était un des grands soucis des bonnes ménagères du temps. Ces richesses se transmettaient de génération en génération, contenues dans de grandes armoires de chêne massif aux panneaux sculptés… Au foyer, un jour ne se passait pas pour ainsi dire sans qu’on apprit par cœur une ou deux maximes des livres saints, et ces éternelles lois sociales étaient la matière d’un enseignement domestique positif et solide. On travaillait beaucoup, on lisait peu, et c’était surtout dans les livres saints que l’on puisait les vérités maîtresses. Dans cet intérieur qui a des aspects de sanctuaire se dressent des chefs de famille auxquels il ne manque que l’éloignement de la perspective pour avoir la majesté des patriarches. Ce sont les derniersportraits de la galerie. Ellese termine par Amédée I°. » « Amédée Prouvost » par C. Lecigne, éditions Bernard Grasset, 1911
    

Thierry Prouvost, fondateur du « Paris du Nord », est l’auteur de l’histoire de la famille Prouvost et alliés : www.thierryprouvost.com. Il appartient à la branche ainée des Prouvost.

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Le dîner aura lieu dans les salons de Beaumont.
Si le temps le permet, l’apéritif aura lieu dans les jardins.

n° 33 de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8ème arrondissement de Paris.
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Pour le dîner du mercredi 18 septembre 2019

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CLÔTURE DES INSCRIPTIONS LE LUNDI 16 SEPTEMBRE 2019 à 12 heures.

Le prix des soirées et des dîners est fixé à
140 euros TTC par personne ; 240 € pour un couple. Prix jeunes ( – 30 ans) : 90 €
CHÈQUES ou PAIEMENT EN LIGNE

Rédigez vos chèques à l’ordre « Le Paris du Nord »
et adressez les à : « Le Paris du Nord » – Thierry Prouvost
52, rue de Bourgogne, 75007 Paris

TENUE DE SOIRÉE
(robe longue, habit ou smoking)

AUCUN PAIEMENT SUR PLACE, AUCUNES ESPECES.

ces dîners sont ouverts à tous, même non nordistes ;
les sujets exposés sont sur le Nord et les Flandres.

Venez nombreux, prévenez vos amis et proches.
Venez faire découvrir les racines aux plus jeunes générations.

Les dîners commencent tôt pour éviter les départs tardifs,
L’apéritif dure de 19h30 à 20h45
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Quelques futurs sujets abordés :
Les Mulliez
Van der Weyden
Secrets de Bruges
La contre-Réforme
La fondation Masurel
Le catholicisme social
Marguerite Yourcenar
Le peintre Jan van Eyck
L’ordre de la toison d’Or
André Malraux le nordiste
Vers les textiles innovants.
Commandant Louis Bossut
L’art flamand de la dentelle
L’art bourguignon en Flandre
Vision internationale des nordistes
Les Manufactures Royales du Dauphin
Le Royaume de la tapisserie flamande
Le rayonnement des ducs de Bourgogne
Souvenirs     d’experts     et     collectionneurs
Exposition   internationale   de   Roubaix   1911
Miniaturistes     du    Roi   :   les   van    Blarenberghe
Ogier de Busbecq introduit les tubéreuses en occident
François Guermonprez, scientifique et chrétien engagé.
Mécène et collectionneur des Lumières : Charles Lenglart
Trois géants des Flandres : de Gaulle, Yourcenar et Malraux
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Reportages sur nos derniers dîners

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Président – fondateur : Thierry PROUVOST 52, rue de Bourgogne, 75007 PARIS
Tél : 06.85.90.82.56 – Email : tprouvost@pourvouslesprinces.com
Trésorier – Secrétaire Général : Marc OSMONT d’AMILLY